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Jamie Shupe, né homme, a vécu 50 ans en tant que femme. La justice américaine vient de l'autoriser à ne plus se définir en fonction de son sexe. En France, des associations réclament la mention de «genre» plutôt que «sexe» sur les papiers d'identité.

«J'ai récupéré ma vie: je ne suis ni un homme ni une femme», a lancé Jamie Shupe, après qu'un juge de l'État de l'Oregon l'a légalement autorisé à abandonner les genres «masculin» et «féminin». Cet ancien militaire de 52 ans, né homme, est le premier citoyen américain à être reconnu en tant que non-binaire, terme qui qualifie un individu qui ne se reconnaît pas dans la binarité des genres humains et des codes sociétaux. «Le sexe de Jamie Shupe est ainsi modifié de femme à non-binaire. L'annonce légale de ce changement doit être postée dans un espace public à Multnomah County comme prévu par la loi.»

Jamie Shupe affirme avoir remporté le droit d'exister d'une manière qu'il a choisi à travers le spectre du genre et non de la classification sexuelle. Marié et père de famille, cet ex-transgenre a vécu en tant que femme pendant près de cinquante ans. Le malaise a surgi il y a trois ans. «C'était trop pour moi, j'avais l'impression d'être piégé, a-t-il expliqué au quotidien britannique The Guardian. Ne pas être classé de force en tant qu'homme ou femme me fait sentir mieux.»

 

Cette reconnaissance est notamment une progression importante pour les transgenres aux Etats-Unis, qui représentent 0,3% de la population nationale.

En France, les associations demandent une reconnaissance du genre par l'état civil

En France, la reconnaissance légale des non-binaires est inexistante. De nombreuses associations françaises souhaitent aujourd'hui que les individus transgenres et non-binaires bénéficient de protections adaptées à leur statut et puissent changer librement et gratuitement d'état civil. Ce qui implique d'inscrire la mention du «genre» plutôt que «sexe» sur les papiers d'identité. «L'identité sexuelle n'a rien à voir avec l'identité de genre, affirme Delphine Ravise-Giard, présidente de l'association Association Nationale Transgenre (ANT). On ne définit pas une personne par ses parties génitales mais par sa façon de se comporter et son identité.»

Et pour certains, ce désaccord avec son genre est lié à la naissance même. «Prenez par exemple les enfants intersexués qui naissent avec des organes génitaux difficiles à définir comme mâles ou femelles, explique Delphine Ravise-Giard. Il se peut qu'en grandissant, le sexe choisi par les parents ne soit en pas en accord avec leur identité. Certains ressentent ainsi le besoin de changer de genre ou de se sentir non-binaire.»

L'association Acceptess Transgenres, qui cherche à faciliter les démarches de changement d'état civil pour les transgenres, a observé une hausse du nombre d'individus qui ne rentrent pas «dans une case». «De plus en plus de personnes se définissent sans genre dans nos formulaires d'inscription», raconte la directrice Giovanna Rincon.

Néanmoins, les confusions entre transgenres et non binaires sont courantes. «Contrairement à Jamie Shupe, les non-binaires n'ont pas forcément effectué un changement de sexe ou un changement d'apparence, poursuit-elle. Ils ne veulent juste pas respecter les codes imposés comme la société.»

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/06/17/01016-20160617ARTFIG00348-aux-etats-unis-une-personne-reconnue-pour-la-premiere-fois-ni-homme-ni-femme.php