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VIH : la PrEP, un nouvel outil de lutte Posté le 05/04/2017 - Par INES

Depuis des décennies, la science tente de mettre au point un traitement pour guérir le VIH. Et si nous cherchions plutôt à prévenir en amont de la contamination ? C’est le principe de la prophylaxie pré-exposition, connue sous le nom de PrEP. Entre solution « miracle » et controverses, reportage depuis Londres sur un débat qui anime le milieu médical.

Le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) était, en 2012, la 6ème principale cause de mortalité dans le monde. Ce virus est à l’origine du sida, le syndrome d’immunodéficience acquise, lorsque le système immunitaire, devenu trop faible, ne peut plus se défendre. Cette « peste » des années 1980, qui tend à la banalisation, revient sur le devant de la scène.

 

Le nombre de nouvelles infections a diminué. Cela signifie que davantage de personnes parviennent à vivre avec le virus et plus longtemps. Pour beaucoup, être séropositifs n’est aujourd’hui plus une sentence, mais un « simple » diagnostic.

La situation n’est pas identique partout. Ainsi, en Afrique sub-saharienne, dans les Caraïbes, en Amérique latine, en Asie-Pacifique, les taux d’infection ont baissé. À l’inverse, ils ont augmenté au Moyen-Orient, en Afrique du nord, en Europe orientale ou encore en Asie centrale. Ils sont restés stables en Europe occidentale et centrale, tout comme en Amérique du nord. Le nombre de décès suit lui aussi des tendances différentes selon les régions. On enregistre une baisse de 12 % en Europe occidentale et centrale et en Amérique du Nord, alors qu’il a triplé au Moyen-Orient et en Afrique du nord.

Les antirétroviraux, traitement actuel contre le VIH

Les différences entre régions s’expliquent de différentes façons. La consommation de drogues injectables, le commerce du sexe ou simplement une ignorance des moyens de transmission peuvent jouer un rôle. Dans le cas du Moyen-Orient et de l’Afrique du nord, l’augmentation du nombre de nouvelles infections est principalement due au manque d’accès au traitement contre le VIH, les antirétroviraux (ARV). À l’inverse, leur baisse globale est due en grande partie à la meilleure accessibilité du traitement dans les autres régions. Grâce à celui-ci, les personnes séropositives peuvent retrouver un système immunitaire efficace, qui leur permet de lutter contre les maladies. Il ne soigne pas les patients mais empêche que le virus ne se multiplie, et donc qu’il endommage les organes. Cela permet également de réduire la présence du virus à un nombre si faible qu’on le qualifie alors « d’indétectable », qui permet d’éviter les nouvelles infections, lors de rapports sexuels notamment. On parle alors parfois de « Treatment as Prevention », autrement dit, « traitement comme prévention [à l’infection, ndlr] ».

Les progrès en termes de traitement sont grands mais insuffisants. Les objectifs du développement durable sont de mettre fin à l’épidémie d’ici 2030. Or, comme l’expliquait l’OMS en 2016, « à l’échelle mondiale, les progrès en matière de prévention du VIH sont au point mort ». Un moyen probablement efficace d’y remédier vient pourtant de faire son apparition.

La PrEP, nouvel outil dans la lutte contre le VIH ?

La prévention et le traitement du VIH constitueraient, à en croire l’ONUSIDA, 17 fois le retour sur investissement. Il est coûteux de traiter à vie une personne séropositive. Le traitement lui-même est cher : 700€ par mois en France. Il faut y ajouter les contrôles réguliers et, sur le long terme, les coûts potentiels d’une santé plus fragile. Selon Slate, le coût au Canada du suivi médical à vie d’un séropositif s’élèverait à 980 000€ pour la société. C’est pourquoi l’investissement se tourne vers la prévention.

La PrEP est un médicament directement inspiré des antirétroviraux qui servent à traiter le VIH. Il s’agit généralement du Truvada®, qui constitue la combinaison de deux des trois molécules utilisées dans les ARV. Plusieurs études ont démontré son efficacité. La réduction du risque d’infection serait de 86 % en moyenne si le traitement est pris correctement. Le médicament n’est accessible que dans peu de pays. Une boîte de 30 comprimés coûte 500€ environ, ce qui constitue un frein certain pour de nombreuses populations. Les consultations médicales et analyses biologiques associées sont aussi coûteuses et pas toujours prises en charge. Coalition PLUS a préconisé dans un communiqué que la PrEP soit rendue accessible partout en Europe.

17 100 000 ignorent être infectés…

36,9 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde. 17,1 millions d’entre elles ignorent être infectées. Le risque que ces dernières transmettent le virus est donc plus important. Ceci est particulièrement vrai dans les pays les plus développés, où l’accès au traitement est moins problématique. Agir en amont semble indispensable pour éviter que l’épidémie ne nous échappe une nouvelle fois.

 

Article complet : http://www.lejournalinternational.info/prep-nouvel-outil-lutte-contre-vih/