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En France, l’activité de dépistage a augmenté après la publication des recommandations nationales de dépistage en 2011 et depuis, elle reste stable et élevée. Mais le nombre de tests positifs en 2013 est 7 % supérieur par rapport à 2011, selon le dernier numéro du Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH). Le point sur le dépistage du VIH en France en 2014. 

 

Du dépistage ciblé au dépistage généralisé

 

Avec 7 000 à 8 000 nouveaux cas par an, l’épidémie de l’infection au VIH reste active en France notamment "parce que les comportements de prévention sont loin d’être optimaux" précisent les auteurs du dernier numéro du BEH daté du 28 novembre 2014. De plus, 30 % des personnes qui découvrent leur séropositivité sont au stade sida ou présentent un état immunitaire faible ce qui veut dire qu’ils sont contaminés depuis plusieurs années.

C’est dans ce contexte que le plan national de lutte contre le sida et les infections sexuellement transmissibles (IST) 2010-2014 a recommandé, entre autres mesures, de proposer systématiquement le test de dépistage du sida à l’ensemble de la population.

Mais ce vœu est-il réalisable ? Il semblerait que non, même si le nombre de tests a augmenté depuis la publication des recommandations en 2011 et qu’il reste stable et élevé. Car de nombreuses personnes échappent encore à la pratique du test, ce qui a motivé à mieux préciser les principes de dépistage en 2013. Des recommandations que les auteurs du BEH rappellent :

- La promotion du dépistage motivée par une exposition à un risque, par exemple, les personnes hétérosexuelles ayant eu plus d’un partenaire sexuel au cours des 12 derniers mois.

- Le renforcement de l’attention des médecins traitants pour proposer un dépistage devant toute situation représentant le moindre risque ou des signes cliniques pour ne pas manquer des occasions de dépistage.

- Pour les personnes les plus à risque de VIH, la mobilisation de tous les moyens de dépistage et de prévention combinés.

 

Pourquoi cette hausse des tests positifs ?

Rappelons qu’en France, l’activité de dépistage du VIH est réalisée par le système de soins (professionnels de santé du public et du privé via des laboratoires d’analyses médicales), par les dispositifs de consultation de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) ou par les centres d’information de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles (CIDDIST). Une 4ème possibilité existante depuis fin 2010 est la réalisation de tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) par des professionnels de santé ou des structures associatives.

Selon le BEH, les chiffres d’activité de dépistage en 2013 sont : 5,6 millions de tests en laboratoire d’analyses médicales, 344 000 tests en CDAG et 56 500 TROD.

Avec 11 000 tests positifs parmi les tests réalisés, le nombre de résultats positifs est en progression de 7 % en 2013 par rapport à 2011 et "cette augmentation est plus élevée en CDAG que dans les autres lieux de dépistage (respectivement de 3,6 pour 1 000 et de 2,1 pour 1 000)" précise le BEH.

Selon les auteurs du BEH, cette hausse pourrait s’expliquer par le fait que les propositions de dépistage sont mieux ciblées, en particulier par les actions communautaires des TROD, même si l’activité pendant la semaine de dépistage du VIH par TROD réalisée en 2013 dans 4 régions particulièrement touchées par l’épidémie (Ile-de-France, PACA, Rhône-Alpes et Guyane) est similaire à celle observée dans le cadre des autres actions communautaires organisées régulièrement. Cependant, pour les auteurs, cette initiative apparaît efficace car elle a permis d’obtenir un taux de séropositivité de 5,5 pour 1 000 et de promouvoir le dépistage par TROD dans des régions exposées à l’épidémie du VIH.

 

Les HSH moins bien dépistés

Malgré tout, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) restent une population qui se dépiste moins bien et moins souvent. Ainsi, les résultats de l’enquête presse gays et lesbiennes 2011 montrent que la moitié des HSH ne se sont pas fait dépister dans les 12 dernières mois et que 14 % de cette population, une proportion qui semble incompressible, ne s’est jamais fait tester.

Pour les auteurs, ces hommes étaient distants des modes de vie communautaires gays et de ce fait suivaient moins bien les consignes de prévention et de dépistage : ils "fréquentaient moins la scène gay, résidaient moins dans les zones urbaines, étaient plus souvent mono-partenaires et avaient moins de rapports à risque avec des partenaires occasionnels". Pour cette population, la diversification des arguments pour se faire dépister et l’incitation à l’utilisation d’outils de dépistage rapide pourrait aider à améliorer le dépistage.

 

Un centre de santé sexuelle pour les HSH parisiens

"Le 190", un centre de santé sexuelle a vu le jour à Paris en 2010 pour proposer des réponses en matière de santé sexuelle aux HSH. Créé par Sida Info Service, la création de ce type de centre figure dans le plan gouvernemental 2010-2014 de lutte contre le VIH et les IST.  La démarche de ces centres est de mettre en œuvre une "prévention par le soin" en tenant compte la sexualité entre hommes, la baisse de comportements préventifs et le haut niveau d’exposition au VIH et autres IST. Son activité concerne ainsi des HSH séropositifs et séronégatifs suivis et pris en charge par une équipe pluridisciplinaire. Pour chaque patient, un dossier médical sécurisé est ouvert pour permettre  de suivre leurs caractéristiques, leurs pratiques, l’historique des consultations et des actes réalisés. Le but est d’obtenir des comportements de prévention pour les séronégatifs et une démarche rapide de soins pour les séropositifs, en particulier ceux nouvellement contaminés. Un "check-up sexuel" est ainsi proposé aux patients.

Cependant, suite à une évaluation récente, des améliorations  peuvent être apportées aux activités de ce centre, notamment la répétition systématique du check-up sexuel en envoyant des rappels par sms, l’utilisation du dossier médical informatisé ou l’extension de l’équipe soignante pour maintenir la cohésion et rendre flexible le mode de fonctionnement. Actuellement, "Le 190" compte 8 médecins dont 1 dermatologue et 1 psychiatre, 1 psychologue, 3 infirmiers et 2 secrétaires.

Dr Jesus Cardenas

 

article: http://news.doctissimo.fr/Sante/VIH-le-nombre-des-tests-positifs-en-augmentation-38772