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Il aura fallu 60 ans à Jean-Claude, fils d'une Valaisanne, pour se transformer en femme à part entière. Aujourd'hui, "il" est devenu Isabelle Volet, une dame de 68 ans, domiciliée à Sion. Et se sent "enfin bien dans sa peau".

"J’ai le sentiment d’avoir eu deux vies. La deuxième est magnifique!", lance Isabelle Volet  d’un air épanoui. Du haut de son mètre 80, cette dame de 68 ans, domiciliée à Sion, a décidé de devenir une femme à 60 ans. Auparavant, elle était un homme. "Je m’appelais Jean-Claude et  j’ai toujours souffert du trouble de l’identité", souligne-t-elle. Rien à voir cependant avec une homosexualité refoulée. "J’aimerais tellement que les gens le comprennent. Mon besoin d’être une femme ne répondait pas à des envies homosexuelles. La preuve, je n’avais jamais été attirée par les hommes avant mon changement de sexe", ajoute Isabelle Volet.

Question de vie ou de mort

Vaudoise d’origine mais valaisanne par sa maman, la dame a mis soixante ans à oser faire le pas pour quitter le corps de Jean-Claude. "J’ai pris la décision quand les pulsions suicidaires étaient devenues trop fortes. Il me fallait devenir une femme ou me supprimer."

Jusqu’à 60 ans, Jean-Claude tente tout pour mener une vie «normale» d’homme. Il se marie à 22 ans et a deux filles. Sept ans après son premier mariage, il  divorce et se remarie. L’union dure 38 ans. "Nous avons adopté un petit garçon", explique Isabelle Volet. Elle se souvient avoir tenté de cacher ce qu’elle était au plus profond de son être pendant des années. "Je jouais au  macho, bronzé, sûr de lui. Je m’étais même rasé le crâne pour faire encore plus mâle." Dans l’intimité de l’appartement conjugal, Jean-Claude se déguisait en femme. "Mon épouse le savait, mais elle en rigolait. Elle n’a jamais compris que c’était profond,  que j’étais mal avec mon identité d’homme."

Sept ans pour la transformation complète

Pas simple pourtant de répondre à son besoin viscéral de féminité. Isabelle Volet a mis sept ans pour devenir une femme à part entière, après plusieurs opérations au Maroc, à Genève et en Thaïlande, sans oublier les 300 heures d’épilation nécessaires.  "Je n’ai jamais eu peur avant les opérations, je savais que je me réveillerai en femme et qu’une nouvelle vie allait commencer."

Aujourd’hui, Jean-Claude n’est plus. Isabelle Volet a divorcé de sa deuxième épouse et a la garde de leur fils, 15 ans. "J’ai une superbe complicité avec lui. Il me comprend et accepte. J’avais juste un peu peur de la réaction de ses camarades de classe. Mais s’il le faut, j’ai préparé un powerpoint pour expliquer ma démarche, car, souvent, l’intolérance vient de l’ignorance…"

A découvrir le témoignage complet d’Isabelle Volet dans l’édition papier du "Nouvelliste" de mardi.

Par Christine SAVIOZ