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Dans certaines zones du globe, l’oppression des personnes LGBT est extrême. C’est le cas au Salvador. Malgré tout, certains n’ont pas jeté l’éponge. Karla Avelar, femme transgenre, a décidé de se battre pour les droits de cette communauté opprimée.

 

Les régions d’Amérique Centrale comme le Salvador font souvent l’actualité pour leur législation quasi-inexistante sur l’avortement et les emprisonnements de femmes accusées d’avoir eu recours à cet acte médical. Mais l’interruption volontaire de grossesse (IVG) n’est pas le seul aspect des mœurs qui est sensible. En effet, dans ce pays où le conservatisme religieux est très présent, la question du genre pose problème. A tel point que la communauté LGBT se voit discriminée de façon incessante.

Selon le Daily Beast, beaucoup de jeunes transgenres sont même mis à la porte par leurs parents, les laissant livrer à eux-mêmes dans un pays qui fait partie des plus dangereux au monde. Ainsi, certains d’entre deviennent travailleurs du sexe ou intègrent le trafic de drogueet finissent en prison. Une situation insoutenable contre laquelle Karla Avelar a décidé de se battre.

Transgenre, elle a connu ce parcours chaotique et traumatisant. Mise en lumière parBuzzfeed, celle-ci est devenue une activiste défendant les droits de la communauté LGBTpour que cette dernière puisse vivre dans des conditions plus sûres au Salvador.

 

Un parcours atypique

 
Ancienne travailleuse du sexe, Karla Avelar a fait quatre ans de prison (1996-2000) après avoir poignardé un homme qui la harcelait. Elle a été envoyée au centre pénitencier de Sensuntepeque, où elle a intégré le "Secteur 2", un endroit où tous les prisonniers gays ettransgenres étaient regroupés. Une séparation fantôme puisque selon elle, les autres détenus, principalement membres de gangs, allaient et venaient. "J’ai été forcée de devenir leur bonne. Je lavais leurs vêtements, cirais leurs chaussures… parce que si on ne le faisait pas, ils nous tuaient. J’ai aussi dû me soumettre à leurs demandes sexuelles", a-t-elle expliqué à Buzzfeed. Elle a ensuite ajouté que même les gardes l’avaient torturée et qu’ils n’avaient pas bougé lorsqu’elle s’était fait violer.


Une expérience horrible qui a poussé Karla Avelar à créer l’association 
COMCAVIS TRANS en 2011 après avoir initié le projet en 2008. Un organisme travaillant pour une meilleure visibilité de la communauté LGBT et le respect de ses droits. Elle a également fait un long travail pour changer les conditions d’incarcération de ces personnes. Après plusieurs plaintes en 2010, 2011 et 2014, elle a enfin réussi à obtenir le droit pour les femmes transgenres de porter des vêtements féminins, la séparation effective avec les autres détenus ainsi que la distribution de préservatifs pour empêcher la transmission du sida.

Une situation toujours risquée

Malgré toutes les avancées obtenues par COMCAVIS TRANS, Karla Avelar affirme qu’être militant de cette cause au Salvador est toujours extrêmement risqué. Selon elle, certains activistes sont assassinés sans que les coupables ne soient retrouvés. Un constat confirmé par un rapport faisant le point sur les droits de l’Homme en Amérique centrale datant de 2013. Celui-ci affirme que de nombreux crimes de haine perpétrés à l’égard des personnes transgenres ne font pas l’objet d’enquêtes sérieuses.

Selon l’organisation Solidarity Association to Promote Human Development, en 2013, 23% des 
femmes transgenres seulement ont dénoncé les violences dont elles avaient été victimes. Les autres se taisent pas peur de représailles, mais aussi parce que les lois ne punissent pas sévèrement les crimes contre la communauté LGBT.